CAPOEIRA: "Ginga do Corpo Negro"

23 mai 2005

Prix des cours par mois

Bonjour,

suite à de nombreuses demandes par email, je vous informe que le prix mensuel des cours de capoeira dans notre club est de 60 CHF.

Si vous avez des questions supplémentaires à ce sujet, n'hésitez pas à contacter

le professeur Dao au: 079 209 52 20.

Bonne fin de journée à tous,

Ginga Do Corpo Negro

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24 mars 2005

Recherche de Salle

NOTICES IMPORTANTES POUR TOUS

Nous sommes à la recherche d'une nouvelle salle dans une école... si quelqu'un sait ou nous pouvons nous en procurer une, veuillez nous appeller ou nous envoyer un email.

Merci... En attendant, les cours sont donnés le MERCREDI A 20H30 AU HOLMES PLACE. (C'est le fitness qui se trouve à côté du GLOBUS).

Venez nombreux....

Ginga Do Corpo Negro

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Ensemble du groupe Ginga do Corpo Negro

NOTICES IMPORTANTES POUR LES ELEVES

Chers élèves,

le professeur Dao est de retour.... les cours reprennent donc ce mercredi à 20h30 au Holmes Places

De plus, il a ramené les ensembles du groupes (pantalon ainsi que T-shirt du groupe "ginga do corpo negro"... Il y a 3 tailles: small, medium et grand. Pour les T-shirts hommes il y a 3 couleurs: blanc (obligatoire) et jaune et noir (facultatif). Pour les T-shirts dames il y a des top.

Ils sont à votre disposition auprès du professeur pour la somme de 110CHF.

Il a également apporté des berimbau et des caxixi du Brésil.

Pour ceux que cela interresse l'ensemble complet d'instruments "berimbau et caxixi" sera au prix de 100CHF.

A mercredi prochain

Ginga do Corpo Negro

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Histoire de la Capoeira

Histoire de la Capoeira


Il nous faut tout d'abord préciser que la question concernant les origines africaines de la culture afro-brésilienne est confuse. En effet, après l'abolition de l'esclavage (1888), " an overwhelming sense of national shame on the part of some governemental officials (…) in 1891 (urged) the minister of finances, Rui Barbosa, (to order) the destruction of a large amount of archival documents relating to slavery in the naïve hope that such negative aspects of national would be forgotten "). Ainsi, les sources se référant aux traditions afro-brésiliennes " are primarily oral, written, and iconographic sources dating mainly from the 1800s and thoughout the twentieth century " (Almeida [1942] cité par Béhague [1998]). Rappelons enfin que, malgré les différentes politiques racistes du début du XXème siècle, le Brésil est actuellement le deuxième pays noir du monde, après le Nigéria.

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La Présence Africaine au Brésil

La Présence africaine au Brésil


Le Brésil fut découvert en 1500 par Pedro Álvares Cabral. Au départ, le pays ne présentait que peu d'attrait, mis à part le pau brasil, arbre à teinture qui lui donna son nom. Les portugais commencèrent à véritablement s'installer dans leur nouvelle colonie vers 1530, et toute la côte fut désormais divisée en quinze capitanias (provinces administratives) héréditaires ; ces dernières étaient dirigées par de riches familles de portugais qui les avaient développées initialement pour leurs intérêts privés, dans un curieux amalgame de féodalisme et de colonialisme. La Couronne du Portugal espérait désespérément découvrir de l'or, de l'argent ou encore des pierres précieuses, mais cela allait prendre 160 ans avant de trouver des gisements significatifs ; " meanwhile (Portuguese) turned to growing sugar cane and manufacturing sugar, a hugely profitable enterprise on which they embarked soon after the colony's first governor-general was appointed in 1549 " (Fryer [2000]).

Les amérindiens déclinaient rapidement à cause des conditions de travail imposées par les portugais. Il fallait donc trouver une autre main d'œuvre, c'est pourquoi on eut recours à des africains. " From the 1690s Africans were working not only on the sugar plantations and in the sugar mills but also in the gold and later the diamond mines of Minas Gerais. And towards the end of the colonial period (i.e. before 1822) they were working on the expanding coffee plantations of São Paulo and Rio de Janeiro, too " (Fryer [2000]).

Pour remplacer les nombreux esclaves qui mouraient de surexploitation, de malnutrition, de maladie et de mauvais traitements (la mortalité annuelle des esclaves d'origine africaine est estimée à environ 10% pour la première moitié du XIXème siècle) et également ceux qui s'enfuyaient dans la forêt, on amena plus d'africains au Brésil que n'importe où ailleurs dans les Amériques. " The most generally accepted modern estimate puts the total number of Africans transported to Brazil, over a period of 350 years, at about 3,600,000 " (Fryer [2000]).

Des esclaves de différentes aires culturelles d'Afrique sont arrivés au Brésil. Ainsi, des africains de l'ouest comme les Moslems et les Yorubas se retrouvèrent dans les états du nord-est de Bahia, Alagoas et Pernambuco, " though there was also a nucleus of Yoruba culture, including descendants of people from the Oyo empire, in Rio Grande do Sul " (Fryer [2000]). Des gens venants d'Angola, du Congo et du Mozambique furent également amenés à Bahia et Pernambuco, mais la plupart d'entre eux furent transférés dans les états de Rio de Janeiro, São Paulo, Minas Gerais, Mato Grosso, Goiás, Alagoas et Pará. A noter que dans l'actuelle Angola " les Portugais (fondèrent) en 1576 le port de São Paulo de Luanda si souvent évoqué dans les chants de capoeira (c'est de ce port que de nombreux négriers partaient d'Afrique ) " (Bachmann [1990]). Petit à petit, les lieux de répartition des esclaves changèrent ; ce phénomène s'accentua avec l'abolition de l'esclavage, époque à laquelle les mouvements de population entre les villes s'intensifièrent, particulièrement de Salvador à Rio de Janeiro à la fin du XIXème et au début du XXème siècle.

Jusqu'à la fin du XIXème siècle, les brésiliens d'origine africaine continuèrent à définir leur identité en se référant à différentes nations d'Afrique. Mais comme Kubik, cité par Fryer (2000), le fait remarquer, " these were defined (…) by a curious assortment of African names which were not always ethnic. Benguela, for instance, is not an ethnic group but an Angolan port from wich many people from south-western Angola were shipped to Brazil. Angola, Benguela, Cambinda, Congo and Monjolo were in fact trademarks-labels with which the prospective buyer in Brazil associeted certain qualities in appearance and character " . Relevons également que, selon Bachmann (1990), " le vocable angola tel qu'il est utilisé pour la capoeira se référait d'avantage à la couleur de la peau de l'individu qu'à sa provenance ". En fait, " imprecise geographical definitions prevent cultural classification of the African ethnic groups that populated Brazil. Modern classifications are based upon only modern data ; the lack of decisive documents leaves the limits of the regions uncertain and prevents knowledge of the history of the cultural groups that (in Brazil) had intercourse with one another and with whites and Indians " (José Honório Rodrigues cité par Fryer [2000]).

Quoiqu'il en soit, les esclaves apportèrent au Brésil différents éléments de leurs cultures respectives. On doit notamment aux africains de la côte orientale une sorte de ballet guerrier qui peut-être inspira la capoeira, le moçambique ; parmi ces africains, les bantous laissèrent le caxamba, grand tambour utilisé dans les anciennes sambas de roda, et surtout le berimbau. Les Gegês et les Nagôs du golfe du Bénin jouèrent également un rôle important, les premiers apportant leur liturgie religieuse au Maranhão, les second " (exerçant) une très profonde influence sur la culture et la religion afro-brésilienne de Bahia (…) Les yorubas - nagôs - outre le candomblé, introduisirent l'Islam (…) en terre de Bahia (…) Les capoeiristas (leur doivent) l'agogô et la capoeira cette belle race d'athlètes entraînée à porter les palanquins des Blancs " (Bachmann [1990]). Enfin, en dehors de différents aspects plus matériels, l'apport linguistique des bantous (Angola) a été considérable ; en effet, " des vocables comme samba, banzé (la pagaille), bamba (l'expert), quitute (recette de cuisine), bunda (les fesses) ou caçula (le cadet) font partie du langage quotidien (…) " (Bachmann [1990]). Manuel Querino, cité par Bachmann (1990), considérait les bantous ainsi : " L'Angola est en général prétentieux, excessif, maniéré, bavard, le type parfait du voyou et de l'inventeur de la capoeira a Bahia " .

Comme on le voit, il est difficile, sinon impossible, de savoir précisemment qui inventa la capoeira ou, plus raisonnablement, de savoir quel groupe de population inspira l'élaboration de cette lutte. Il semble vraisemblablement que principalement des influences africaines multiples et diverses se soient entremêlées pour finalement aboutir à ce que l'on pourrait appeler une capoeira des origines.

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Palmares et le Quilombo

Palmares et le quilombo


La résistance des esclaves au Brésil prit de nombreuses formes qui allaient de la mauvaise volonté à l'insurrection, les plus sérieuses ayant eu lieu en 1720, 1806, 1809, 1814, 1822, 1827, 1835 et 1838. Néanmoins, la forme de résistance la plus commune restait la fuite : " A large number of the Africans transported to Brazil fled from captivity as soon as possible after their arrival in the New World. Fugitives hunted down and recaptured endured an array of punishments that make horrifying reading (…) Knowing what a hell to expect if they were recaptured did little to discourage fugitives from fleeing but did make them more than ever determined not to be caught " (Fryer [2000]).

Les groupes de fugitifs s'établissaient sur des terres suffisamment éloignées des plantations de canne à sucre des blancs ; vers le début du XVIIème siècle, il existait environ 25 territoires autogouvernés par d'anciens esclaves dans l'intérieur du Brésil. Ces territoires étaient connus en portugais sous le nom de quilombos ; selon Fryer (2000), " the world quilombo, meaning 'refuge for fugitive slaves in the forest', strongly suggests - though it may not be directly derived from - the Kimbundu word kilombo, 'capital, town, confederation', which originally meant 'male initiation camp' (i.e. circumcision camp) and later 'male military society' " .

Le quilombo le plus connu et le plus influent fut sans conteste celui de Palmares (1605-1697) ; " Palmares means literally 'palm groves', from the proliferation of wild palms in the coastal forest zone. But those who lived there called it Angola Janga (from Kimbundu ngola iadianga, 'first Angola') " (Fryer [2000]). En 1630, date de l'invasion du nord-est du Brésil par les hollandais, l'étendue géographique et la population de Palmares commencèrent à augmenter de manière significative ; " (le) royaume (s'étendait alors) sur 600 000 km2 et (se distribuait) en 8000 villages qui (reconnaissaient) Macaco comme la capitale (…) " (Bachmann [1990]). Les esclaves africains ne perdirent pas de temps à tirer parti des luttes entre hollandais et portugais, et la proportion de fugitifs atteignit des sommets jamais atteints.

Les gens de Palmares ne laissèrent pas de témoignages écrits, mais nous pouvons néanmoins nous faire une idée de leur culture et de leur mode de vie grâce aux observations de soldats portugais ayant participé à des raids contre des quilombos. Ils trouvaient généralement des villages vides à leur arrivée, les habitants ayant été alertés par des espions postés dans les agglomérations de la côte et dans les plantations de canne à sucre. Fryer (2000) nous fournit les données suivantes : " Palmares was not a single community, but rather a cluster of settlements united to form a neo-African polity. Nine such settlements are known : Acotirene (or Arotirene), Amaro, Andalaquituche, Dambrabanga, Macaco, Osenga, Subupira, Taboas and Zambi. Macaco, the main town, is reported to have had over 1,500 houses, and, like the other settlements, was fortified by a palisade with embrasures, caltrops and pitfalls. In Subupira, the second town, these were more than 800 houses " . Il serait erroné de penser que seuls des afro-brésiliens vivaient à Palmares ; sa population, estimée à environ 11 000 personnes vers la moitié du XVIIème siècle, incluait aussi bien des noirs nés au Brésil que des amérindiens, des métisses et même quelques blancs. Palmares, à bien des égards, représentait une adaptation de pratiques sociales et politiques africaines à la situation coloniale du Brésil. Par exemple, tout comme dans de nombreuses sociétés africaines à cette époque, il existait une forme d'esclavagisme : ceux qui venaient à Palmares de leur propre volonté devenaient des citoyens libres, alors que ceux capturés lors de raids étaient réduits en esclavage ; " free citizens addressed each other as malungo (cf. Kikongo mu alungo, 'in the ship'). This was the word meaning 'comrade' or 'foster-brother', used by slaves who had arrived in Brazil together on the same ship " (Fryer [2000]).

Contrairement à Bachmann (1990), Fryer (2000) considère que " Palmares is sometimes wrongly referred to as a kingdom, but its political system had nothing in common with that of any seventeenth-century European kingdom " ; toujours selon lui, " it is not to idealise Palmares to call it an egalitarian, fraternal, and independent republic ". Ceux qui n'étaient pas esclaves pratiquaient une forme de démocratie qui ne trouverait de ressemblance en Europe qu'à partir de 1789 avec la Révolution française ; le pouvoir politique était aux mains d'assemblées locales qui décidaient des différentes questions par un vote majoritaire. Palmares avait également un chef suprême, connu sous le nom de Ganga-Zumba, qui était élu par une assemblée de chefs locaux ; malheureusement, les différentes informations disponibles ne nous permettent pas de savoir si l'élection était à vie ou pour une période limitée. D'après Fryer (2000), " it is thought that Ganga-Zumba was a title rather than a personal name ; in Angola the nganga a nzumbi was a priest who funcioned as a psychiastrist (sic) by dealing with the spirits of the dead (…) ".Sous l'autorité du chef suprême existait un commandant militaire appelé Zumbi ; là encore, on ne sait pas s'il s'agissait d'un nom propre ou d'un titre. La plupart des habitants de Palmares vivaient de l'agriculture mais il existait également d'autres types d'activités laborieuses, comme le travail du métal (il y avait au moins quatre forges) ou la production de céramique.

A travers toute son histoire, Palmares dut résister à de nombreuses attaques. Les hollandais, qui contrôlèrent la côte nord-est pendant 24 ans, envoyèrent trois expéditions contre le quilombo qui furent toutes repoussées. Entre l'expulsion des hollandais en 1654 et la chute de Palmares en 1694, les portugais menèrent de nombreuses attaques militaires, parfois plus d'une par an ; mais entre ces raids les habitants de Palmares commerçaient avec leurs voisins portugais, ces derniers ne semblant pas éprouver de scrupules à échanger des armes, des munitions et du sel contre de la nourriture et des produits manufacturés. En 1678, le Ganga-Zumba décida de commencer des négociations avec le nouveau gouverneur de Pernambuco. Mais à peine les clauses du traité de paix furent difficilement acceptées par les deux parties que les portugais les violèrent. Une révolte éclata à Palmares, menée par Zumbi, le neveu Ganga-Zumba ; ce dernier fut tout d'abord détrôner puis condamner à mort.

On décrivait les défenseurs de Palmares comme étant passés maître dans l'art de la guérilla et du camouflage. Quant aux portugais, ils engagèrent parfois des mercenaires amérindiens et des chasseurs d'esclaves professionnels venant de São Paulo, les bandeirantes. Ainsi, " (…) on (fit appel) aux terribles Paulistas qui dans le Sud (avaient réduit) en poussière les missions jésuites. A ces aventuriers (…), on (promit) les terres fertiles et les esclaves de Palmares pour les cultiver. Le chef de l'expédition (fut désigné). C'(était) Domingo Jorge Velho qui (s'empressa) de lever une formidable armée de 9000 hommes, essentiellement des Indiens " (Bachmann [1990]). Comme nous l'avons mentionné, Palmares tomba en 1694 : " (…) 200 defenders were killed, 500 were captured and 200 killed themselves rather than surrender " (Fryer [2000]). Zumbi fut blessé mais réussit à s'enfuir. Le 20 novembre 1695, à la tête d'un petit groupe de ses partisans, il fut pris dans une embuscade et tué.

Symbolisant la résistance face à l'oppression et l'injustice, Zumbi le chef-guerrier devint une légende et un héros national.

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L'Empire

 

L'Empire


La fin de Palmares coïncida avec celle de l'hégémonie du sucre ; en effet, on découvrit de l'or, dans un premier temps au sud de Bahia. Le Brésil tout entier se focalisa désormais sur les Mines Générales, Minas Gerais. Le précieux minerai allait ainsi affluer en Europe pendant tout le XVIIIème siècle, et Lisbonne de le gaspiller dans les fastes de la Cour ce qui précipita le Portugal, surendetté, dans les bras de l'Angleterre. Au Brésil, " l'exploitation de l'or (permit) de réaliser une certaine unité nationale et territoriale (…) Rio de Janeiro, géographiquement plus proche des mines que Bahia, devint la nouvelle capitale en 1763 " (Bachmann [1990]).

Puis, en 1808, les troupes de Napoléon chassèrent le roi du Portugal ; lui et sa cour se réfugièrent à Rio. A cette époque, aucune région du Brésil ne comptait moins de 27% de noirs, et de nombreuses révoltes d'esclaves, en particulier à Bahia entre 1806 et 1826, finirent par sérieusement inquiéter les grands propriétaires. Les autorités brésiliennes réagirent en créant notamment la Compagnie Royale de Police, le 13 mai 1809 ; on en confia la direction à un certain Vidigal. Melo Barreto Filho, cité par Bachmann (1990), le décrit ainsi : " C'est un homme de haute taille, d'un gabarit impressionnant mais à la voix douce. C'est surtout un habile capoeirista d'un sang froid et d'une agilité à toute épreuve, respecté par les plus dangereux capangas (hommes de main) de l'époque " . Ainsi, paradoxalement, l'un des premiers capoeiristas connus se trouva du côté des forces de l'ordre. A Rio, il ne faisait pas bon être noir ; en effet, Vidigal ne se limitait pas à réprimer la capoeira, il s'attaquait également aux terreiros de macumba et sambas de roda. En réalité, gageons que la répression n'était pas uniquement destinée à faire cesser toute manifestation considérée comme portant atteinte à l'ordre public ; plus fondamentalement, on cherchait certainement à empêcher les esclaves et les affranchis de développer un sentiment de solidarité, la conscience d'une destinée commune née dans la douleur et l'injustice, car cela risquait de compromettre un système économique, social et politique fondé sur l'esclavagisme.

Le 7 septembre 1822, le Brésil déclara son indépendance et le 12 octobre, Dom Pedro I, fils du roi du Portugal, fut proclamé empereur. Mais la situation n'allait pas tarder à se compliquer pour le nouvel Empire ; en effet, la province qui allait devenir l'Uruguay (rattachée au Brésil en 1821) décida de faire sécession : ce fut la guerre du Rio de la Plata. L'empereur fit appel à des mercenaires allemands, anglais et irlandais, mais prit du retard dans le paiement des soldes. Le 9 juin 1827, les régiments étrangers se rebellèrent et mirent à sac plusieurs quartiers de la capitale. Cette dernière aurait été totalement pillée si des bandes de capoeiristas ne s'étaient pas opposées aux troupes d'élite de l'empereur et ne les avaient vaincues.

De 1835 à 1836, le Brésil dut faire face au plus grand soulèvement populaire de son histoire, la Cabanagem ; les incessantes injustices endurées par la communauté afro-brésilienne poussèrent cette dernière à y prendre part massivement. La province du Pará, première région économique de l'Amazonie brésilienne, fut mise à feu et à sang avant que l'insurrection ne put être maîtrisée ; le bilan de cette révolte se chiffre aux alentours de 40 000 morts.

Vers la moitié du XIXème siècle, le Paraguay était alors le plus puissant pays d'Amérique du Sud, le seul à posséder une industrie moderne et une nombreuse population alphabétisée. Mais, " vivant presque en autarcie, la République des Guaranis (dérangeait) la Grande-Bretagne qui (poussa) l'Argentine, l'Uruguay et le Brésil à lui déclarer la guerre en 1864. Elle (tourna) rapidement au génocide. La seule bataille de Tuiati (fit) 10'000 morts. La " victoire " de Humaíta en 1867 (annonça) la fin du Grand Paraguay. On la chante encore dans les rodas de capoeira : " Sô eu Maitá, sô eu Maitá, sô eu " "(Bachmann [1990]). La guerre du Paraguay fut un véritable massacre pour les capoeiristas. En effet, l'armée décida de recruter des esclaves emprisonnés auxquels on promit la liberté s'ils revenaient vivants de la bataille ; en réalité, à peine rentrés, on les renvoya chez leurs anciens maîtres. Bachmann (1990) rapporte que " l'Histoire ne précise pas si les capoeiristas ont utilisé vraiment la capoeira lors des combats. Manuel Querino assure qu'ils furent " très braves ". Ils furent surtout décimés et à cette occasion la capoeira a bien failli disparaître à tout jamais ".

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L'abolition de l'esclavage, la République et l'Estado Novo

L'abolition de l'esclavage, la République et l'Estado Novo


L'abolition de l'esclavage

En 1870, on comptait encore 15% d'esclaves au Brésil. Mais l'arrivée de centaines de milliers de travailleurs italiens et allemands allait en dix ans mettre à mal les bases du système esclavagiste. En effet, le salariat semblait à la fois plus sûr et plus rentable que le travaille servile, d'autant plus que la communauté afro-brésilienne se montrait de plus en plus revendicatrice et rebelle (sans compter le fait que l'on prenait les africains pour des retardés, donc bien moins efficaces que les européens). Les livres d'histoire brésiliens ont volontiers retenus les noms des grands abolitionnistes blancs comme Ruy Barbosa ou Joaquim Nabuco, et un peu moins ceux des noirs comme André Rebouças ou Luís Gama ; " mais l'action de l'homme de la rue (fut) encore plus déterminante. Les Caifazes de São Paulo avec à leur tête Antônio Bento (facilitèrent) la fuite des esclaves. Le quilombo de Jabaquara finit par regrouper jusqu'à 10'000 âmes "(Bachmann [1990]). Les capoeiristas s'engagèrent également dans la lutte pour l'abolition. On relate qu'en 1884 certains d'entre eux libérèrent des esclaves jusque dans les maisons de leurs maîtres et attaquèrent des trains dans le même but. Face à tous ces événements, la police ne savait plus où donner de la tête et se désolidarisa des propriétaires d'esclaves en refusant de rechercher les fugitifs.

En 1885, tous les esclaves âgés de plus de 65 ans (!) furent déclarés libres et… abandonnés à leur sort ; puis en 1888, alors que Dom Pedro II était en voyage, la princesse Isabel demanda le 7 mars à Alfredo Correia Oliveira de diriger le gouvernement. A partir de cet instant, tout se précipita ; le 3 mai la princesse déclara que le catholicisme et le libéralisme étaient incompatible avec l'esclavage, et enfin, dix jours plus tard, elle signa la loi Áurea qui l'abolit définitivement. Il est vrai qu'à ce moment il ne restait plus que 5% d'esclaves dans le pays. Il nous faut encore préciser que la campagne abolitionniste ne fut pas une campagne en faveur des noirs ; elle le fut surtout en faveur du travail libre. D'après Bachmann (1990), " en 1882, on dénombrait déjà quatre fois plus de chômeurs noirs que d'esclaves (…) Il ne (restait) plus qu'à gommer l'Africain de l'Histoire du pays (…) Le noir (quittait) la senzala, la grande case des esclaves pour le bidonville et la capoeira, le canavial pour les faubourgs malfamés " .

La République des coronels

En 1889, Dom Pedro II fut renversé par l'armée et celle-ci proclama la mise sur pied d'une république fédéraliste ; mais la réalité du pouvoir appartenait en réalité à l'oligarchie bien pensante qui contrôlait la terre et les hommes. Le gouvernement de l'époque, à travers la circulaire No 29 du 13 mai 1891, ordonna la destruction des archives se rapportant à la période de l'esclavage.

Cependant, la nouvelle république était de nature fondamentalement conservatrice, et là où l'Empire avait échoué elle entendait réussir, notamment en faisant disparaître la capoeira. Deux mois à peine après la prise du pouvoir, le maréchal Deodoro confia à Sampaio Ferraz la charge des services de police et lui laissa toute latitude dans son combat contre les capoeiristas. Le Code Pénal de la République des Etats-Unis du Brésil parut le 11 octobre 1890, dont le chapitre XIII s'intitulait " dos vadios e capoeiristas " (des vagabonds et capoeiristas). " L'article 402 (interdisait) les rodas publiques et les regroupements. Il (défendait) aux valentões de se promener armés ou de porter sur eux quelque objet assimilé à une arme ce qui (incluait) le berimbau souvent pointu quand il n'(était) pas surmonté d'une petite faucille. Les peines prévues (allaient) de deux à six mois de prison. Elles (étaient) doublées s'il (s'agissait) d'un dunga c'est-à-dire d'un chef de bande " (Bachmann [1990]). L'article 403 prévoyait la perpétuité (peine maximale) en cas de récidive. Enfin, l'article 404 condamnait automatiquement un capoeirista accusé d'homicide à la réclusion à vie. Puis, " trois ans plus tard, le gouvenement (autorisa) la création d'une colonie pénitentiaire à Boa Vista, Paraíba. On (avait) plutôt ciblé la clientèle : les vagabonds, capoeiristas, mendiants et autres fauteurs de troubles. En résumé, tout ce qui (était) noir et ne (restait) pas à sa place "(Bachmann [1990]).

A cette époque, de nombreuses bandes de capoeiristas régnaient sur les rues de la capitale et s'opposaient souvent aux forces de police. Les plus connues étaient les Guaiamus, les Nagoas et en particulier la Frente Negra. Cette dernière fut fondée par José de Patrocínio, un célèbre abolitionniste noir, dans le but de sauver la monarchie en péril. En effet, nombre d'anciens esclaves éprouvaient un sentiment de gratitude à l'égard de la princesse Isabel et s'inquiétaient de l'arrivée au pouvoir de l'armée. Au départ d'inspiration maçonnique, la Frente Negra finit par se servir de la violence pour défendre ses idéaux et s'appela dès lors la Société de Bienfaisance Isabel, la Rédemptrice ; cette organisation regroupait de nombreux capoeiristas et autres " délinquants ". Lorsque le 30 décembre 1888 les antimonarchistes se réunirent dans la salle de la Société Française de Gymnastique de Rio, des capoeiristas interrompirent brutalement la réunion en tuant une dizaine de républicains. Cet événement fit notamment dire à Joaquim Nabuco, cité par Bachmann (1990) : " Je n'aurais jamais pensé que nous eussions une guerre civile après l'abolition. Les Républicains aujourd'hui ne pensent qu'à tuer du Nègre (…) Ce que l'on réclame maintenant c'est l'extermination de toute une race et vu que celle-ci est très courageuse, il s'en suivra une lutte des plus sanglantes ".La fin de l'esclavage ne mit pas un terme au mépris et à la marginalisation de la communauté afro-brésilienne, et c'est assez paradoxalement que dans les premiers temps de la République de nombreux affranchis se mirent à regretter leur ancienne condition. Ainsi, Gregório Bezerra, cité par Bachmann (1990), nous offre le témoignage d'un vieux contremaître noir qu'il avait rencontré vers 1910 : " Il avait été esclave et maintenant c'était encore pire. Il regrette cette époque-là car selon lui, il mangeait tous les jours de la viande, de la farine et des haricots noirs... Aujourd'hui, il mangeait à peine une assiettée de bouillie de maïs avec du sel et de l'eau… " .

L'Estado Novo

Durant les années 20, la République eut à faire face à de nombreux problèmes : grèves ouvrières à São Paulo, expulsions d'anarchistes et de socialistes, la plupart italiens, etc. Mais à Bahia le gouvernement avait d'autres préocuppations ; on décida une fois de plus d'y éliminer la capoeira, comme cela avait été le cas à Recife ou à Rio, deux villes où la répression fut particulièrement efficace. Pedro de Azevedo Gordilho fut nommé chef de la police et avait l'habitude, avec l'aide de sa police montée, de faire violemment irruption dans les rues de Salvador pour y empêcher entre autre les rodas. Les capoeiristas en vinrent à inventer un rythme de berimbau spécifique pour annoncer son arrivée et s'enfuir : la cavalaria (cavalerie).
En 1930, la crise économique entraîna la chute de la République et Getúlio Vargas accèda au pouvoir ; à partir de 1937, il devint dictateur pour six ans. " Parallèlement un mouvement noir organisé (émergea) à São Paulo. Pour la première fois une presse afro-brésilienne (vit) le jour. Le Xantu, le Menelik, l'Alfinete ou le Tamoio (étaient vendus) librement, même si les journalistes, eux, (préféraient) encore écrire sous des pseudonymes "(Bachmann [1990]).

Le 16 septembre 1931, la Frente Negra d'Arlindo Veiga dos Santos fut fondée ; cette dernière n'avait rien en commun avec la précédente. En effet, son but était d'organiser l'élite de la communauté noire afin de la faire respecter par la police, et elle y parvint. En 1936, forte de sa popularité (elle possédait des fédérations dans tout le Brésil), la Frente Negra décida de se constituer en parti politique. Mais l'instauration de la dictature par Getúlio Vargas et l'installation de l'Estado Novo en décidèrent autrement. C'est alors qu'une fois de plus la répression s'abattit avec une violence particulière sur la communauté noire ; on se mit à surveiller les terreiros de samba, le carnaval…

Paradoxalement, c'est durant cette période que l'on reconnut officiellement le Centre de Culture Physique Regional de mestre Bimba. Avec cet événement, la capoeira fut en quelque sorte légalisée et commença peu à peu à sortir de la clandestinité.

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17 février 2005

Titre

Associacão de Capoeira Ginga Do Corpo Negro


Renseignements

Mestre Teté &
Professeur Dao

Téléphone:
+41 79 209 52 20

E-mail:
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Cours à Genève

Lundi / Mercredi de 20h30 à 21h30


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